Dans la marre, y’a une grande soeur …
Lundi, juin 30th, 2008L’aînée de la famille c’est une fille, enfin de l’ancienne famille, celle de naissance, celle où j’ai grandi, pas celle que j’ai construite avec le crapaud et les lutins. Nous étions 6 enfants et nous habitions dans une forêt, avec un papa, une maman, et pas de voisins à part pour les vacances et l’été. Y’avait des animaux aussi … Et puis une petite maison, petite oui …
Sur ces 6 enfants, 5 filles et un garçon. Je me souviens, des cabanes dans les bois, des jeux dehors, de la chaleur des grandes soeurs , moi je suis l’avant dernière, des jeux de garçons avec le frère, des spectacles qu’on inventait, des bonsoirs le soir d’un lit superposé à l’autre … Quatre dans une chambre, deux dans une autre, les parents au salon.
Ça aurait pu être la petite maison dans la prairie, moi j’aurais été laura ;p Et puis j’aurais adoré aller chercher le lait à la ferme avec mon vélo, monter les bûches sur le palier, aller rammasser les oeufs des poules … Le papa aurait été juste, droit et compréhensif et il aurait sorti son harmonica le soir après une journée de travail bien remplie, un sourire tendre pour sa femme qui elle aussi aurait eu sa journée bien remplie, entre les enfants et la maison …
Y’avait des chiens, des chats, des poules, des lapins, une biquette. Y’avait les bois et les histoires de fées de la deuxième grande soeur, y’avait les jeux littéraires de la troisième grande soeur, les rires de la petite soeur, les flèches en bois et les cabanes et aussi les balades dans les bois dans le but de se perdre ( on y est jamais arrivé ) avec le grand frère. Y’avait surtout au début l’aînée de toutes qui s’occupait de tous, qui remplaçait la maman l’été qui travaillait à la colonie, qui torchait, qui lavait, qui emmenait à la plage, qui nettoyait, qui consolait. Elle a 11 ans de plus que moi, et c’était ma petite maman. C’est elle qui m’a offert mon premier maillot de bain et c’est ma marraine aussi , j’ai son prénom pour deuxième prénom. Puis elle a travaillé, puis elle s’est mariée, elle a beaucoup déménagé pour suivre son militaire de mari. Nous nous sommes toujours vu, souvent pour les vacances, aujourd’hui elle est chez moi et c’est bien du bonheur
Et pourtant cela ne ressemblait pas à la petite maison dans la prairie et pourtant parmi les rires il y avait souvent des larmes. Papa Ingalls n’était ni compréhensif, ni juste, il ne souriait pas tendrement à maman Ingalls, il ne jouait pas d’harmonica … Mais nous étions 6 à nous sécher nos larmes, à nous tenir chaud, à nous aimer … C’était notre force et ça l’est encore.
Je suis bien allée chercher le lait à vélo, j’ai bien monté les bûches, les animaux étaient là et les poules pondaient … ce qui aurait pu être idyllique était pesant, je n’y vois encore que des corvées … J’ai fui la campagne pour la ville, les animaux pour ma collection d’ours en peluche … Je fuis les grandes tablées … Les cris … les rapports de force … Je fuis les familles nombreuses et je fuis aussi certains hommes …
Mais ce si grand bonheur fait de petites choses et d’amour de mes soeurs et frère, je le garde précieusement, comme un immense cadeau, c’est ce qui m’a construite, c’est ce qui m’a donné la force de devenir, c’est ce qui m’a porté le jour où j’ai enfin décidé que j’avais à nouveau droit à ce bonheur … Et si je suis sortie de bien des années où je n’existais pas , comme un long sommeil, pour trouver au bout un si gentil crapaud, c’est à cette force au fond de moi, qu’ils avaient déposés que je le dois.
Alors merci francine, merci philippe, merci danielle, merci chantal et un merci tout spécial à cette grande soeur patricia, qui dort pendant que j’écris et avec qui je vais passer de très bons moments demain
Hé bien la alicette elle écrit de ces choses des fois! Pas de bidouillage aujourd’hui mais des mots qui racontent et qui voulaient sortir. Y’a pas de raisons que je me censure sur mon propre blog lol





